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  • Loca Loca | Annouck Blanchouin

Comment la planète réagit face au COVID19 ?

Mis à jour : mai 27

Alors que Loca Loca devait faire son apparition ce dimanche 5 avril, la triste actualité virale a reporté l’ouverture du Pop-up store Rue des Capucins, à Lyon. Loca Loca n’est qu’un exemple d’une économie qui s’est retrouvée quasiment à l’arrêt du jour au lendemain. Et comme une vieille habitude, je me suis interrogée sur les conséquences écologiques d’un tel gel sur l’économie.



Une pause.


Alors que la Chine sort peu à peu de son confinement, de nombreuses analyses ont constaté la baisse drastique de ses émissions de gaz à effet de serre. Le constat est, sans équivoque, le même en France.


Certains parlent de « répétition générale » avant la crise écologique, qui arrive comme une bombe à retardement. D’autres voient une opportunité pour repenser nos modes de consommation. Alors à court terme le constat peut être net, mais qu’en est-il à long terme ?



Si la solution pour stopper la pollution – de l’air, des eaux, du sol - était aussi facile que de stopper toute activité pendant un temps, pourquoi ne pas le faire pour épargner les désastres écologiques qu’attend notre planète si rien de change ?



La transition écologique


"La transition écologique prend du temps" : une phrase irritante qu’on a trop souvent entendue, mais pourtant réelle. Les solutions futures, que ce soit par la R&D (Recherche et Développement) au sein des entreprises ou la création d’entreprises nouvelles, doivent être financées. Ces solutions sont financées par des modèles/produits/entreprises qui font du bénéfice. Pour l’instant il n’y a pas assez d’offres issues d’une économie écoresponsable pour qu’elles suffisent à financer toutes les solutions nouvelles.


Par ailleurs, l’arrêt de la consommation n’est pas souhaitable pour un modèle économique qui ne demande qu’à se développer. Fort heureusement, les modèles économiques émergeants sont beaucoup basés sur le respect de l’environnement. Donc si la consommation s’arrête, ou tout du moins est réduite drastiquement, des personnes risquent de se retrouver sans emploi, et d’autres pourraient avoir peur de perdre le leur. Ce fait ou cette peur n’encouragent pas les individus à prendre le temps de se pencher à chercher des solutions plus respectueuses de l’environnement.



Alors pourquoi le consommateur individuel est aussi important dans cet environnement ?


Les entreprises réagissent à nos actes d’achat.


Au sein des grandes entreprises, des spécialistes analysent les SIGNAUX FAIBLES de consommation pour donner les directives stratégiques de développement.


Les signaux faibles sont très importants car les entreprises vont miser dessus. C’est comme ça que les produits, puis les rayons bios sont apparus dans les supermarchés. D’une demande minime est née une opportunité pour les entreprises. Il est en train de se passer la même chose pour les produits locaux ou le rejet des emballages. Mais tout commence par la demande d’une petite partie des consommateurs. Tous nos choix de consommation sont donc d’une grande importance pour donner de la vitesse à cette transition écologique attendue.


Un autre risque à long terme pour la planète est que le confinement a et va créer un gros manque à gagner pour les entreprises. A la sortie du confinement, celles-ci feront le choix, légitime, de garder leur argent pour relancer leur activité. Combler l’absence de consommation de ces dernières semaines et relancer leur croissance personnelle. Il en est de même pour les fonds d’investissement, l’incertitude des marchés encourage tous les acteurs à renflouer les caisses avant de reprendre des risques à investir dans des solutions d’avenir. On peut espérer une reprise des investissements pour 2021, voire 2022, mais il n’y aura surement pas de nouveaux investissements de sitôt.

L’autre aspect, pas bien plus sympa, est que pour combler les déficits dus à l’absence de consommation. Certaines entreprises vont chercher une rentabilité maximum, à tout prix. Au moment de repartir, les entreprises n’auront plus autant à cœur de faire les choses « bien » mais de les faire tout court. Elles devront produire en quantité pour combler le manque de bénéfice. Et qui dit surproduction, dit forcément un fort impact environnemental.


A-t-on des bonnes nouvelles parmi tout ça ?


Fort heureusement. Premièrement, en 3 mois on a fait un bond de 5 ans dans la prise de conscience écologique et sur le fait que notre impact sur la nature n’est pas sans conséquences. D’autre part, ça va de pair, les investisseurs voient de manière encore plus limpide l’intérêt d’investir dans les secteurs de la santé, l’environnement et la tech. Les investissements vont continuer mais seront bien plus sélectifs avec une volonté et une sécurité d’avoir un rapide retour sur investissement.

Alors les entreprises et industries ont du chemin à faire pour diminuer leur impact mais c’est nous, consommateur individuel, qui leur dictons nos besoins au travers nos actes d’achat.


Au risque d’être rébarbative, ce temps de confinement est le moment idéal pour se pencher sur nos habitudes de consommation. Les alternatives, plus écofriendly, ne manquent pas et nous pouvons déborder d’imagination et de créativité pour construire le monde dans lequel nous voulons aller. Autrement, il y a de plus en plus de tutos « Do It Yourself » (fais le toi-même) ou d’alternatives pour limiter considérablement notre consommation de plastique.


A chaque fois que nous consommons, nous votons, nous donnons une voix au monde que l’on souhaite.



Prenez soin de vous et de vos proches.



Annouck Blanchouin

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